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For sale / à vendre – 11″x9″ * 2 – acrylic

L’artiste dit : « Je vais. » À vous de le suivre ou de rester. Cette œuvre, c’est sa vision, sa façon d’œuvrer. Certains diront : « obstination ». À vous de décider…

Son efficacité est indéniable : la précision et la linéarité de celle-ci symbolisent le désir de l’artiste de toujours foncer vers la direction qu’il croit la bonne. A-t-il raison, a-t-il tort? De toute évidence, lui seul le sait. De toute évidence, il sait où il se dirige : vers l’avant. Le futur lui appartient, puisqu’il s’y précipite sans se soucier du passé. L’intensité est ce qui le caractérise, malgré la dimension de l’œuvre, plutôt petite. Même dans les plus menus détails, l’artiste garde le cap, conserve la même optique : avancer. Tel Emil Zátopek, il n’a que faire de la technique, des apparences, des conventions. Ce qui lui importe, ce sont ses objectifs personnels : arriver le premier à la ligne d’arrivée, gagner, triompher. Ce que certains accomplissent sur des parcours de dizaines de kilomètres, l’artiste l’accomplit sur une surface plane de 11 pouces par 9 pouces (2x). L’efficacité de son coup de pinceau est indéniable et transporte en un coup d’œil le spectateur vers l’avant. Avancer, toujours.

Pourquoi cette obsession? Différentes raisons expliquent ce choix, qui n’en est pas un. Tout d’abord, l’artiste encourage le spectateur à prendre sa vie en main et prenant exemple sur lui. Le conducteur, c’est lui. Sa vie, la sienne. Ses ambitions, bien qu’inconnues de tous, il les connaît. Peu lui importe de les partager avec autrui. Il désire plutôt être moteur de changement et encourager les gens à adopter une attitude de gagnant face à la vie, qui se révèle parfois très déroutante. La consistance est, selon lui, la meilleure arme pour combattre les différents obstacles qui se présentent à l’homme au quotidien.

Il s’agit donc plus d’un état d’esprit que d’une façon de faire. Similaire à la pensée positive, elle n’est cependant pas toujours facile à appliquer et, surtout, elle est loin d’être magique! Elle demande au préalable un long exercice d’introspection dont le but est d’établir des objectifs personnels clairs et précis. Là réside toute la force de cette œuvre : elle ne dit rien, elle ne fait que suggérer. Elle ne force rien, elle ne fait que proposer. La tâche du spectateur, s’il l’accepte, est donc de prendre une pause afin d’établir un plan d’action. S’il connaît déjà sa voie, point besoin pour lui d’écouter la voix de l’artiste! Mais s’il se sent perdu, comme plusieurs d’entre nous, particulièrement les jeunes, il lui serait bénéfique de méditer sur son rôle sur Terre.

Cela ramène évidemment à des sujets abordés par de grands philosophes antiques, comme Socrate, qui disait : « Connais-toi toi-même ». (À noter que cette « injonction morale et épistémologique […] n’est pas exactement de lui. » Il s’agit en réalité d’une « devise inscrite au frontispice du Temple de Delphes que Socrate reprend à son compte. ») L’homme doit donc préalablement, selon cette phrase, avoir une profonde connaissance de lui-même avant de pouvoir réellement tirer profit de la façon de penser proposée ici par l’artiste. Sans cet acquis, rien, ou très peu, n’est possible. Du moins pas à long terme. Et c’est justement ce qui intéresse l’artiste : le long terme! Son regard, guidé par des buts bien précis, se fixe au loin et y reste rivé. Peu importe la situation.

Il est d’ailleurs remarquable que l’œuvre soit, en réalité, « double ». Cela symbolise justement la capacité de l’artiste à garder la même approche, peu importe la situation. En affaires, en amour, en riant, en dormant… peu importe! Par temps chaud, par temps froid, « il faut marcher droit devant », comme le disent si bien les Cowboys Fringants. La route de chacun n’est évidemment jamais de la même longueur. Certains courent le marathon, alors que d’autres se contentent de se rendre au dépanneur au coin de la rue. À chacun ses propres objectifs, ses propres ambitions. Il suffit d’être satisfait une fois rendu à destination.

Reste à savoir si cette façon de penser ne représente pas certains dangers pour celui qui l’adopte. Par exemple, en résulterait-il un certain déni du monde environnant et des autres individus? Il s’agit en effet d’un risque possible, qu’il serait préférable d’éviter afin de s’assurer de ne pas déraper, de ne pas se retrouver seul dans son propre monde.

Cependant, la possibilité d’une fusion n’est pas exclue de l’œuvre, comme l’illustre le mélange de multiples couleurs qui s’harmonisent parfaitement, malgré un certain désordre. Seraient-elles, finalement, une représentation de chacun de nous vivant en harmonie et avançant, d’un commun accord, vers un même objectif? Rêve en couleur…?

François Chénier

Peinture réalisée par Antoine Veilleux. Description réalisée en collaboration avec François Chénier; écrivain et poète.

Painting realized by Antoine Veilleux. Description realized in collaboration with François Chénier.